Face à une personne en souffrance, devant un événement troublant, ou simplement dans votre pratique quotidienne, cette question surgit inévitablement : « Est-ce que j’utilise le bon outil spirituel pour cette situation ? »
Ce questionnement est sain. Il témoigne d’une conscience éveillée et d’un profond respect pour les énergies que vous manipulez. Mais il peut aussi devenir paralysant lorsque le doute s’installe trop profondément.
Je suis bien placée pour savoir que dans le domaine spirituel, les conséquences de nos actions semblent amplifiées. Nous manipulons des énergies subtiles, nous touchons à l’âme des personnes, nous interagissons avec l’invisible. Cette responsabilité peut créer une pression immense :
« Et si je choisis la mauvaise approche ? »
« Et si mes capacités ne sont pas adaptées à ce cas ? »
« Et si j’interfère avec le chemin karmique de cette personne ? »
« Et si, et si, … «
Cette anxiété peut conduire à l’inaction.
Est-ce vraiment ce que vous voulez?
Le discernement spirituel n’est pas une science exacte. C’est un art qui se développe à travers l’expérience, l’intuition et une profonde connexion à soi.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le discernement ne vient pas seulement de l’intellect. Il émerge d’une écoute fine de plusieurs niveaux de perception.
À commencer par votre corps qui est un instrument de résonance précis.
Les signaux corporels sont souvent plus fiables que les analyses mentales les plus sophistiquées.
Et puis vous devez aussi vous interroger honnêtement sur votre intention :
– Est-ce que j’agis par besoin d’aider ou par besoin de prouver quelque chose ?
– Est-ce que je réponds à un appel authentique ou à mon ego ?
– Est-ce que je sers la personne ou mon propre besoin de reconnaissance ?
La pureté de l’intention est un puissant filtre de discernement.
Au-delà des techniques apprises, il existe une connaissance intuitive qui sait quelle approche est juste dans l’instant présent. Cette intelligence intuitive se développe avec la pratique et la confiance en soi.
Elle se manifeste souvent par une certitude tranquille, une évidence qui s’impose sans effort.
Vous n’avez pas besoin d’être parfait pour être utile.
Après tout, les plus grands guérisseurs, chamans et maîtres spirituels de l’histoire ont tous commencé par tâtonner, expérimenter, et parfois échouer. C’est à travers ce processus d’apprentissage qu’ils ont affiné leur art.
Chaque « erreur » est une information précieuse qui affine votre discernement pour la prochaine fois.
Et si vous êtes encore dans l’incertitude, laissez-vous guider par ce principe simple mais puissant : avant tout, ne pas nuire.
Certaines situations exigent une intervention immédiate, d’autres demandent de la patience et de la retenue. Discerner quand agir et quand s’abstenir est peut-être la forme la plus élevée de sagesse spirituelle.
Votre confiance en vous ne naît pas de la certitude d’avoir toujours raison, mais de la certitude que même les expériences imparfaites contribuent à l’évolution de tous.
Vous avez été doté de capacités spirituelles pour une raison. Les garder en réserve par peur de mal faire n’honore ni votre don, ni ceux qui pourraient en bénéficier.
Alors oui, utilisez les outils que vous avez, avec l’expérience qui est la vôtre aujourd’hui. Et si le doute devient vraiment trop envahissant, prenez le temps de vous recentrer plutôt que d’abandonner complètement.
Car la plus grande sagesse n’est pas dans la perfection de l’action, mais dans la justesse de la présence que vous y apportez.