Depuis mon enfance, j’ai toujours entendu parler du nettoyage de printemps. J’ai d’ailleurs longtemps pensé qu’il n’était question que de ménage.
J’ai ensuite découvert toute la part énergétique de l’acte qui consistait à purifier la maison des énergies qui se sont accumulées durant l’hiver et la préparer pour la saison estivale.
Et dans ma pratique ésotérique, j’ai finalement compris que les deux étaient définitivement liés, en tout point.
Mettre les choses en ordre dans la matière est un facilitateur spirituel.
Et ce sont là aussi des rituels ancestraux pour préparer la terre à accueillir les nouvelles énergies.
De nombreux ouvrages new age nous proposent des rituels de « nettoyage énergétique » avec quelques coups de plumes, de fumée de sauge ou des bols tibétains. Ces approches, bien que parfois agréables, sont loin de refléter la profondeur des pratiques purificatrices anciennes.
Les tablettes d’argile de Nippur décrivent un processus complet de rites de purification qui s’étendait sur plusieurs jours.
Pour les prêtres chaldéens, la purification n’était pas un acte ponctuel mais un processus progressif, aligné avec les phases lunaires suivant l’équinoxe.
Les prêtres-guérisseurs préparaient les bains rituels printaniers. L’eau n’était pas simplement « chargée » avec des intentions comme on le pratique souvent aujourd’hui.
Elle était prélevée à des moments astronomiques précis, dans des lieux spécifiques où les « eaux d’en-haut » (pluie) et les « eaux d’en-bas » (sources) se rencontraient.
Contrairement à la pratique moderne qui consiste à simplement brûler de la sauge ou du palo santo pour « chasser les énergies négatives », les textes du rituel du feu révèlent que les Chaldéens avaient développé une véritable science des fumigations qui n’étaient pas utilisées pour « chasser » quoi que ce soit, mais pour rééquilibrer les énergies.
Les temples n’étaient pas simplement « nettoyés », ils étaient rituellement vidés pour créer un espace conçu pour accueillir des énergies spécifiques alignées avec le nouveau cycle cosmique.
La purification n’est pas seulement l’élimination de l’indésirable, mais la création consciente d’un espace sacré pour accueillir le nouveau. Comme les anciens Mésopotamiens le savaient, c’est dans le vide intentionnellement créé que les forces divines peuvent pleinement se manifester.
Et c’est là un point aussi très intéressant que je travaille avec mes élèves, obtenir l’apaisement volontaire de pensées et des émotions qui y sont liées pour laisser place à nos capacités spirituelles.
Notre tendance moderne à vouloir constamment remplir, imposer et contrôler va à l’encontre de cette sagesse ancienne.
Identifiez ce qui encombre votre espace physique et mental, non pas pour le remplacer immédiatement par autre chose, mais pour expérimenter la puissance créatrice du vide lui-même.